Les contournements routiers sont des solutions du siècle passé. Ils ne répondent absolument plus aux défis actuels et futurs. Redynamiser les centres urbains, encourager une mobilité alternative, et réaliser les objectifs de baisse d’émissions voulus par les Etats lors de la COP 21, sont les enjeux essentiels vers lesquels devraient être injectés les moyens publics.

 

La politique de contournement routier des dernières années a conduit au déplacement des activités commerciales et économiques vers les périphéries des villes. Ainsi, les chiffres du commerce à Wavre sont excellents… si on considère Wavre et sa périphérie.  Mais, et cela n’aura échappé à personne, les commerçants wavriens doivent redoubler d’innovation et de créativité pour attirer le chaland vers le centre-ville. Ils ne sont pas aidés par le pouvoir en place qui s’évertue à favoriser l’installation de commerces loin de ce pôle, pourtant historiquement riche. En invitant les entreprises et autres employeurs à se déplacer en masse vers la périphérie, il écarte également la vie du centre de Wavre. Les contournements routiers participent à cette logique du passé puisque là où il y a une route, il y a de fortes présomptions de penser que la vie économique s’y développe au dépend d’un centre-ville.

 

Le réseau routier de la région wallonne est déjà un des plus denses d’Europe, un des plus coûteux aussi. La DGO1 estime ainsi à 2.241.615.671 euros[1] les seuls besoins en matière de revêtement pour remettre à niveau le réseau routier régional. Près de 438 000 000 € par an sont nécessaires uniquement pour les besoins récurrents d’entretien. Rajouter des kilomètres de routes, c’est augmenter de facto des chiffres déjà astronomiques et qui ne peuvent d’ailleurs actuellement être honorés qu’à concurrence de 50 à 60%. Autant de moyens qui ne peuvent plus être investis dans d’autres projets alternatifs tels que RER, nouvelles lignes de bus, trams, véloroutes,…  Or, la solution de la mobilité pour l’avenir est au transfert modal. En continuant à investir dans les routes, on empêche le développement des alternatives à la voiture. Or, chercher des alternatives à la voiture est la seule véritable solution pour désengorger nos routes. Ceci est inscrit noir sur blanc dans l’Etude d’Incidence :

 

« Notons néanmoins que ce nouvel accès routier, dont l’objectif principal est d’améliorer l’accessibilité du PAE, ne joue pas en faveur d’une utilisation accrue des modes de transport alternatifs, d’autant plus que l’offre actuelle en lien avec le PAE est qualifiée de faible. »[2]

 

Le passé, c’est trop d’argent dépensé pour des équipements routiers. L’avenir doit se tourner prioritairement sur les autres moyens de transports, moins coûteux à l’entretien et plus efficaces en terme de protection de l’environnement.

 

On en vient donc au troisième objectif normalement poursuivi par tous les pouvoirs publics de la planète. Nous n’avons plus le choix, les émissions de CO² doivent diminuer drastiquement. Les objectifs sont d’ailleurs écrits et quantifiés dans les accords de Paris et de la COP 21. Pour y arriver, il faudrait, selon les calculs d’IEW menés à l’échelle de la Wallonie, baisser de 6,8% par an les émissions de CO2 induites par le transport d’ici à 2050 [3].

 

 

Or, l’Etude d’Incidence est très claire à ce sujet, le contournement Nord de la ville de Wavre ne fera qu’augmenter le nombre de voitures sur la route. Sans compter que l’offre de moyens alternatifs ne pourra pas être à la hauteur, voici donc un ouvrage qui deviendra le symbole de l’impuissance de nos dirigeants à réduire notre empreinte écologique. Une preuve éclatante que cette ratification des accords de Paris n’est, aux yeux de certains, qu’un recueil de bonnes intentions. Les vieux réflexes restant hélas la norme.

 

Un contournement Nord de Wavre qui répond à des objectifs vieux de 40 ans ne peut pas s’inscrire dans la vision que nous avons de l’avenir. Les moyens financiers existants pour ce projet doivent être consacrés à d’autres projets novateurs et réellement tournés vers une mobilité alternative, laquelle réglera à long terme les problèmes de congestion et de sécurité que nous rencontrons aujourd’hui dans le zoning nord de Wavre.

 

 

[1] Plan infrastructures 2016/2019, partie 3, p. 38

[2] Etude d’Incidence contournement Nord de Wavre, Partie 4.6.3.5. P 301

[3] http://www.iew.be

 

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