Ce 7 décembre, la RTBF a fait un sujet sur la consommation énergétique des patinoires, en prenant en exemple la patinoire de Wavre. Suite à une réaction reçue d’un citoyen de Tournai, nous sommes intervenus au Conseil communal de ce 18 décembre et voici le contenu de notre intervention.

 

Bilan : notre patinoire wavrienne consomme en un mois autant d’énergie que 2.400 frigos. Mais elle attire également 8.000 personnes, qui prennent sans aucun doute beaucoup de plaisir à patiner. Des personnes sur qui la patinoire exerce de l’attractivité, qui n’hésitent pas à boire un vin chaud sur notre marché, ni à déambuler dans nos rues commerçantes illuminées.

 

Un citoyen de Tournai – et c’est peut-être parce qu’il habite dans la Ville même de notre Ministre fédérale de l’Énergie qu’il est particulièrement sensible à la question – s’est donné la peine de nous écrire, à nous, écologistes Wavriens, et nous demande de résoudre la difficile équation entre plaisir, loisirs, et enjeux planétaires.

 

Nous partageons entièrement son inquiétude face au réchauffement climatique. A politique inchangée, selon une étude publiée récemment dans Nature Climate Change et relayée par le journal Le Monde, d’ici 2100, la moitié de la population mondiale sera soumise à 3 catastrophes naturelles majeures dues aux dérèglements climatiques… et jusqu’à 6 pour certaines régions tropicales. Et si le Bangladesh et les zones côtières sont principalement désignées, dans les cartes des catastrophes naturelles que j’ai pu voir, la Flandre est également pointée.

 

Le 6 mars 2015, toute l’Union Européenne – dont la Belgique donc – s’est engagée à réduire ses émissions de Gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030, avant de signer l’accord de Paris à la COP21 le 12 décembre 2015. C’était il y a 3 ans. Et le GIEC nous dit aujourd’hui que pour maintenir la température en dessous d’une augmentation de 2°C, c’est de 50 % qu’il faudrait réduire nos émissions d’ici 2030.

 

La semaine dernière, à Katowice, en Pologne, alors que les États-Unis sont aujourd’hui sortis de l’Accord de Paris, « une coalition d’au moins 26 pays volontaristes », dont finalement la Belgique ne fera pas partie – la Flandre étant, paraît-il, réticente –  affirment, dans des termes dépourvus d’ambiguïté, vouloir augmenter leur ambition climatique d’ici 2020, et relever leur niveau d’action à court terme.

 

Savez-vous que l’Union européenne s’est dotée d’un outil très intéressant pour réaliser son objectif ? Cet outil s’appelle « la convention des maires ». Sur le principe, c’est finalement assez simple. Il faut :

  1. faire un bilan des émissions de gaz à effet de serre produites sur le territoire communal
  2. définir des objectifs de réduction pour atteindre l’objectif européen de -40 % d’émissions en 2030 : bâtiments, aménagement du territoire, transport, industrie, agriculture, sylviculture
  3. élaborer un plan d’action… et le mettre en œuvre.

 

Tout ça ne se fait pas en un coup de cuiller à pot, évidemment ! Il faut investir des moyens humains et financiers : engager un ingénieur, définir une stratégie, faire des provisions budgétaires. Et je comprends fort bien que s’engager à réduire ses émissions dans une région qui se développe, c’est plus compliqué que si on est forcé de fermer son haut fourneau, suite à des décisions économiques qui nous échappent.

 

Mais Ottignies l’a fait. En 2016, Jean-Luc Roland a signé la convention des maires. Et aujourd’hui, la commune d’Ottignies fait son job : elle rénove ses bâtiments, elle met des normes d’isolation, elle développe les pistes cyclables, elle va voir les écoles supérieures qui sont sur son territoire pour les encourager à prendre des mesures sur leurs bâtiments etc. etc.

Et le marché de Noël de Louvain-la-Neuve n’est pas triste, loin de là… Il est même assez chouette : des chalets, un feu de bois, de la tartiflette… Tout est là pour passer un bon moment.

 

Mais tout ça ne nous dit pas ce que je dois répondre à ce monsieur qui nous écrit de Tournai… Ne connaissant pas votre stratégie en matière climatique, je ne sais pas si vous comptez supprimer la patinoire ou si elle constitue une maillon important de votre politique. Parce que si vos ambitions en matière d’économie d’énergie des bâtiments, en matière de mobilité, d’aménagement du territoire et de logement, sont à la hauteur, il n’y a peut-être aucune raison de se soucier de la patinoire, et c’est tant mieux ! L’amateur de glisse que je suis en est ravi. Et je ne vous parle pas de mes deux filles…

 

C’est pourquoi, Madame la bourgmestre, je ne vois finalement qu’une seule solution pour résoudre cette équation : suivre les conseils de l’Europe : faire le bilan, décider d’une stratégie de réduction, et passer à l’action.

Alors, Madame la Bourgmestre, le mois prochain, dans votre déclaration de politique communale, étonnez-nous : signez la convention des maires, et engagez-vous pour le climat.

 

Bastian Petter

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