La deuxième enquête publique pour le projet immobilier de la Tour-hôtel vient de se terminer le mardi 26 février. Après avoir pris le temps d’analyser le dossier sous différents angles, le groupe Ecolo Wavre n’est pas convaincu par ce projet… Bien qu’il s’agisse d’un terrain privé, nous pensons que des alternatives sont possibles pour réhabiliter le site de l’ancienne vinaigrerie l’Etoile, et qu’elles devraient être encouragées par les pouvoirs publics.

 

La mobilité

Au niveau du carrefour de la rue de l’Ermitage et de la rue Provinciale, la situation est déjà catastrophique au quotidien. Actuellement, la configuration de ce carrefour rend la quasi-totalité des mouvements en relation avec la rue de l’Usine extrêmement difficile.

La solution proposée, à savoir un carrefour avec feux de signalisation, ne semble pas plus appropriée. Le dossier affirme même que l’amélioration sera modérée lors de la fermeture du passage à niveaux à proximité, si pas de tourne-à-gauche sur la RN 239 (rue Provinciale). Vu la fréquence de fermeture des passages à niveaux, en moyenne toutes les 15 minutes selon le Plan Communal de Mobilité (PCM), il est raisonnable de craindre une augmentation des embouteillages à cet endroit. Ces problèmes de mobilité seront intensifiés avec le hall culturel polyvalent et la future piscine.

En conséquence, la solution proposée pour la mobilité, un carrefour à feux, et les conséquences certaines de l’augmentation du trafic sont inacceptables.

Si, toutefois, cet hôtel devait voir le jour, il nous semble absolument nécessaire que l’aménagement de ce carrefour soit effectué avant/pendant la construction de l’hôtel et que le coût de cet aménagement soit totalement assumé par le promoteur immobilier. Ce n’est pas la ville de Wavre qui doit assumer le coût de ces aménagements.

 

Les choix architecturaux

Est-ce qu’une tour en verre et en acier corten de 96,62 mètres est justifiée ? Est-ce que les habitants souhaitent voir s’ériger une tour dans la ville de Wavre ? Fondamentalement, c’est la question à laquelle la ville doit répondre.

Si on se base sur les projections effectuées pour intégrer cette tour dans le paysage, il est clair qu’elle sera visible par un grand pourcentage de la population. Est-ce que la ville et ses habitants doivent être tournés vers cette tour, un projet privé ?

Le dossier propose une comparaison de cette tour avec la tour KBC à Gand et la tour des finances à Liège. Cette comparaison n’est pas pertinente : les bâtiments n’ont absolument pas la même fonction, les premières sont à usage économique/professionnel alors que la tour-hôtel sera uniquement destinée au logement temporaire. De plus, on ne peut pas comparer des villes comme Liège et Gand à Wavre.

 

L’intégration dans le paysage

L’impact de cette tour dans le paysage a été projeté dans des photos. Cependant les projections sont peu informatives. Tout d’abord, les 7 angles choisis ne sont pas proches du site. L’angle de vue le plus proche se situe au niveau de la gare des bus de Wavre.

Il n’y a donc aucune façon de se rendre réellement compte de l’impact de cette tour sur le paysage directement proche du site. On ne peut donc toujours pas se faire une idée de la vue qu’auront les riverains habitant à proximité.

Le taux d’ensoleillement et d’ombre sera directement modifié avec une telle architecture dans le paysage. En effet, l’ombre provoquée par la tour ira jusqu’à la rue Ste-Anne en hiver. Quand on sait que la lumière est indispensable au bien-être et que cette lumière est déjà parfois rare l’hiver, il est inacceptable qu’un tel bâtiment provoque une ombre d’une telle ampleur.

 

Les conséquences sur l’environnement

La toiture verte et les abords verts de l’hôtel n’ont pas de grand intérêt pour favoriser la biodiversité. Il est nécessaire de revoir le choix de certaines plantes et arbres pour favoriser au maximum la biodiversité.

Le réfléchissement sur les vitres de ce type de bâtiment représente une menace directe pour les oiseaux, qui perçoivent généralement ces vitres comme une prolongation du ciel. Beaucoup viennent se heurter à pleine vitesse sur ces carreaux. Si ce projet devait voir le jour, il est indispensable que l’angle choisi pour les vitres limite au maximum les reflets.

 

Une alternative ? Un projet à taille humaine

Bien entendu, il s’agit d’un projet privé mais il appartient à la ville de veiller à ce que de tels projets ne nuisent pas à la collectivité ou à l’équilibre entre les différentes fonctions du centre urbain. Les pouvoirs publics peuvent également travailler en collaboration avec les propriétaires et les promoteurs immobiliers pour encourager d’autres types de projets.

Un projet à taille « humaine » et plus respectueux de l’environnement semble beaucoup plus approprié. Pourquoi pas des bureaux ? Il faut miser la nouvelle économie en favorisant des espaces de co-working. Pourquoi ne pas imaginer aussi une couveuse d’entreprises ?

Le site permet l’aménagement d’un ensemble plus compact, horizontal, de bureaux. Ce projet amènerait des travailleurs et donc des personnes susceptibles de fréquenter les commerces et les établissements Horeca du centre-ville.

Les problèmes de mobilité seraient également écartés car, contrairement aux utilisateurs d’un hôtel dont on peut supposer qu’ils se déplacent plutôt en voiture, les personnes venant occuper des bureaux proches du centre et de la gare pourraient facilement utiliser les transports en commun.

Enfin, cela répondrait à un manque : Wavre ne dispose pas de bureaux dans le centre car ceux-ci ont été délocalisés dans les zonings.

 

Nous avons tout à gagner en imaginant un autre projet pour ce site, un projet qui serait à taille « humaine » et plus respectueux de l’environnement.

 

 

Source de l’image : NOTICE D’ÉVALUATION DES INCIDENCES SUR L’ENVIRONNEMENT, CSD Ingénieurs, Rapport final du 30 novembre 2018

 

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