Mardi soir, nous avons interpellé le Conseil communal sur la nécessité de protéger les pollinisateurs dans notre commune.

 

Depuis des décennies, certaines variétés de tilleul (Tilia tomentosa et un hybride entre Tilia cordata et Tilia dasystyla), qui ne sont pas indigènes, sont associées à la mort massive de pollinisateurs, dont 75% sont des bourdons. De nombreux particuliers et apiculteurs font cette observation sur le terrain.

Cependant, le débat est encore ouvert : les causes de cette mortalité ne sont pas clairement établies et les défenseurs du tilleul argenté, essence très répandues dans nos villes, rejettent cette accusation.

 

Etude scientifique et recommandations

 

Une étude scientifique anglaise et l’avis de zoologistes permettent d’apporter certaines réponses, même si ce phénomène reste mystérieux car trop peu d’études expérimentales existent et la chimie du tilleul est encore mal connue. Cependant, le plus probable est que ce phénomène soit causé par une combinaison de plusieurs facteurs qui, ensemble, rendent le tout spectaculaire.

Malgré le manque d’information sur le sujet, il est important de prendre des mesures préventives car toutes les populations de pollinisateurs sont en déclin, en danger d’extinction même, partout en Europe. Or, l’importance des insectes pollinisateurs pour l’agriculture n’est plus à prouver. D’après ces études, le tilleul serait un piège olfactif pour les insectes. Il les attire alors même que les fleurs ne produisent presque plus de nectar et ceux-ci meurent alors de faim. De plus, la caféine présente dans le nectar entraîne les bourdons à chercher leur nourriture exclusivement chez les tilleuls, au lieu de visiter les autres plantes à fleurs présentes aux alentours. Enfin, le tilleul a une floraison tardive avec une production de nectar et de pollen décroissante.

 

Les recommandations des scientifiques sont les suivantes :

  • Assurer, tout de même, des ressources de nourriture alternatives en veillant à planter d’autres plantes à floraison tardive (fin juillet), de manière à éviter la famine des pollinisateurs.
  • L’abattage des arbres présents est une mesure excessive car le tilleul représente tout de même une source intéressante de nourriture. Un spécialiste des pollinisateurs de Natagora recommande de ne plus planter le tilleul argenté mais de préférer les variétés indigènes.

 

Qu’est-ce qui est mis en place dans notre commune pour protéger les pollinisateurs ?

 

Depuis déjà quelques années, la commune de Wavre est une commune « Maya », c’est-à-dire que la ville s’est engagée à développer des espaces propices pour les abeilles. Une des actions possibles était de mettre à disposition des apiculteurs des sites pour le dépôt de ruches. Et c’est chose faite : le toit de l’hôtel de ville héberge des ruches. La première grande cuvée de miel a pu être récoltée en 2014.

De plus, depuis 2017, la commune adhère aussi au plan « Zéro Phyto ». Concrètement, il s’agit de ne plus faire usage de pesticides pour désherber l’espace public. Des méthodes alternatives de désherbage sont donc mises en place, comme par exemple, utiliser des désherbeurs thermiques à eau chaude et d’autres matériels similaires.

A son niveau, dans un contexte où les populations de pollinisateurs sont fortement touchées par l’utilisation des pesticides en agriculture intensive, la commune agit pour que les pollinisateurs se sentent chez eux dans notre commune. Et ça, c’est positif.

 

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