Mardi soir, lors du Conseil Communal, nous nous sommes fermement opposés à la mise en concession des parkings publics de la ville de Wavre : cette décision est lourde de conséquences.

 

Similitude avec la ville de Verviers

 

Verviers, ville de 55.000 habitants située au bord de la Vesdre, ville où l’économie a prospéré pendant dans décennies grâce au commerce de la laine, a pris la décision de confier ses parkings publics en concession à la société Besix (ancien nom de la société Indigo) en 2013. Cette situation a provoqué la colère des riverains et des chalands mécontents de voir les amendes « forfait journalier » se multiplier. Ce qui devait améliorer la mobilité du centre-ville a provoqué une désertion, à tel point que la ville de Verviers a dû faire marche arrière.  Le contrat a donc été stoppé en échange d’une indemnité conséquente pour le concessionnaire, et il faudra attendre 5 années pour que ce soit définitivement terminé.

Le contrat que la ville de Wavre s’apprête aujourd’hui à signer avec Indigo a été établi sur les mêmes bases que celui de Verviers. S’il faut un jour revenir sur cette décision, la commune devra probablement payer une indemnité au concessionnaire, comme cela a été le cas à Verviers.

 

La rotation des parkings : une politique du « tout à la voiture »

 

Un constat, qui est toujours le même : il n’y a pas assez de rotation de véhicules et c’est cela qui nous empêche de nous stationner à Wavre. D’après l’étude du concessionnaire, ce serait les commerçants qui se parquent eux-mêmes devant leur propre commerce et empêchent les clients d’accéder à leurs magasins, qui s’en vont, faute de place. Mais n’oublie-t-on pas bien vite que cela fait bien longtemps que les travailleurs sont isolés dans les zonings, trop loin du centre que pour se déplacer sur leur temps de midi ? Il est plutôt grand temps de faire revenir des employés au centre-ville.

Mais donc, vouloir augmenter la rotation des parkings, telle est la volonté d’Indigo. Et c’est aussi implicitement désirer qu’il y ait plus de véhicules en circulation au centre même de Wavre. Il s’agit donc bien, pour la majorité MR-PS de Wavre, de continuer une politique du « tout à la voiture ». On cherche toujours les investissements importants de la Ville en matière de mobilité alternative, de développement des transports en commun et de la mobilité douce.

Et voici précisément de quoi il s’agit :

  • Sur 20 ans, suite aux engagements contractuels pris avec la société, pas une rue supplémentaire ne sera rendue piétonnière ou cyclable.
  • Tout sera fait pour diriger le client potentiel vers ce centre en lui favorisant l’accès avec sa voiture. Mais attention : pas plus de deux heures.
  • Il y aura même des parkings gratuits de 15 ou 30 minutes, histoire de permettre à l’automobiliste qui a soif de pénétrer dans le centre de Wavre pour s’acheter une boisson.

C’est certain : il faudra faire de la quantité pour que le concessionnaire rentre dans ses frais. Il faudra donc que plus de gens viennent en voiture à Wavre. Ils ne devront surtout pas venir en vélo, ni en train, ni en bus. Mais bien en voiture, pour qu’ils paient leur parking. Un fléchage indiquera les zones payantes. Il restera bien quelques parkings gratuits, mais ceux-ci seront loin, discrets et pas bien reliés au centre.

La nécessaire rentabilité des parkings de la Ville entrera donc prochainement en conflit avec son accessibilité en transports en commun et à vélo.

Et nous rappelons que les voitures sont responsables de 22,5 % des émissions de CO2 en Belgique et de 33,9 % de la consommation totale d’énergie en Brabant wallon (industrie et logement compris). Les marges de progression pour le climat sont donc essentielles en matière de mobilité.

La commune de Wavre n’étant déjà pas très enthousiaste sur ces modes de transports, de quels moyens disposerons-nous à l’avenir pour inciter la Ville à les développer ?

 

La gestion des parkings : une responsabilité des pouvoirs publics

 

Pour la majorité, cette mise en concession va permettre de professionnaliser le parking à Wavre, de redorer l’image commerciale et surtout, de construire à bas coût le nouveau parking à 3 niveaux des Mésanges. Nous pensons que l’histoire n’est pas aussi belle que celle qu’on nous narre.

Nous pensons que la gestion des parkings publics devrait être, dans des villes moyennes comme la nôtre, une responsabilité des pouvoirs publics, de la collectivité. Pourquoi ? Pour garder l’entière maîtrise de notre espace urbain collectif : pour permettre une politique innovante de mobilité, des parkings périphériques accessibles et bien desservis en navettes, un centre-ville débarrassé des inconvénients grandissants de l’automobile et surtout des modes alternatifs de mobilité qui deviennent incontournables. C’est à ce prix, et uniquement à celui-là, que nous atteindrons les objectifs que nous nous sommes fixés pour le climat et la qualité de vie, et qui sont réclamés par tous. C’est ce message qui a été envoyé par l’électeur lors des dernières élections communales. Et c’est ce message que la majorité actuelle refuse d’entendre.

 

 

 

 

 

Christophe Lejeune

2ème suppléant sur la liste chambre

 

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