C’est un petit cours d’eau qui en rejoint un autre, lequel se jette dans la Dyle. Une image bucolique pour amateurs de pure nature ? Pas vraiment : le “Sillon”, ce joli ruisseau qui traverse Limal, sert d’égout à ciel ouvert pour les eaux usées de certains riverains. Et que fait la Ville de Wavre pour gérer cette pollution ? Elle la canalise et la dévie… vers des eaux douces.

Un marché public a été lancé pour élaborer divers projets de voiries et égouttages de cours d’eau de Wavre. Dans le cahier des charges, il est fait état de séparer les eaux usées des riverains des eaux du “Sillon”, petit cours d’eau naturel qui prend sa source à Limal avant de se jeter tour à tour dans le “Martineau” et puis dans la Dyle.

Il est surprenant d’apprendre qu’en 2021, il existe encore dans la commune des habitations qui ne sont pas reliées au tout-à-l’égout.
Il est tout aussi surprenant de lire qu’en 2021, lorsqu’on fait des travaux à ce niveau-là, c’est pour canaliser temporairement les eaux usées afin de les remettre plus loin dans de l’eau douce, là “où ça ne dérange personne… »

Combien de situations similaires persistent-elles dans notre commune, baignée d’un cours d’eau qui inspira les plus grands poètes, et qui en est réduite à le cacher sous des dalles, tellement gênée de dévoiler ces matières fécales et ces restes de lingettes usagées que d’improbables héros du quotidien ramassent à longueur de journée ?

Les eaux noires et les eaux bleues ne peuvent être mélangées. C’est une évidence. Combien de Bourgmestres, combien de dirigeants se sont essayés à promettre que dans 1, 2, 5 ans ils boiraient l’eau de la rivière, du lac ou encore du fleuve? Jamais aucun ne s’y osera.

L’InBW a lancé, il y a maintenant quelques années, un cadastre des égouts sur le territoire de la province. Il ne faut pas que ce cadastre devienne un travail inutile. Le groupe Écolo demande à ce que le conseil communal soit informé de l’avancement de cette étude. Et plus particulièrement pour la commune de Wavre.
– Quels sont les endroits où les égouts sont susceptibles de polluer nos cours d’eau ?
– Quelles mesures seront-elles prises afin de supprimer ces déversements ?
– A-t-on régulièrement constaté, sur le terrain, des infractions de nouvelles habitations ou d’anciennes qui, par facilité, par manque de moyens, se connectent à la Dyle ou un de ses affluents ?
– L’un ou l’autre bâtiment géré par la commune déverse-t-il, d’une façon ou d’une autre, autre chose que de l’eau douce dans nos cours d’eau?

A ces questions, Paul Brasseur, échevin des travaux, applique la technique du parapluie et renvoie la patate chaude à l’InBW: “C’est est un acteur incontournable, qui a les moyens que nous n’avons pas ! Il existe encore beaucoup trop de situations où les eaux noires et les eaux bleues sont mélangées ! Cela surcharge le travail de la station d’épuration de Basse Wavre. Il existe aussi encore beaucoup de décharges directes dans la Dyle !”
Il admet en même temps que la crèche de l’Ile aux Trésors, gérée par la commune, déverse directement ses eaux usées dans la Dyle, mais promet que “les travaux débuteront en juillet/août”.
La conclusion, désabusée, de Luc Gillard, pourtant échevin de l’Environnement, laisse pantois : “il est difficile d’évaluer les points noirs où les rejets sauvages existent encore !”

Faut-il ne rien faire car la tâche est “difficile” ? L’argument est bien faible…

Il est urgent que, quelle que soit la “difficulté” de la tâche, des réponses soient apportées aux questions ci-dessus et que le cadastre des égouts permette de lister les points de rejet des eaux usées et de les faire supprimer. Afin que l’on mette fin à une source sournoise de pollution et que la nature retrouve ses droits dans nos cours d’eau.

(Communiqué rédigé à partir de l’intervention de Christophe Lejeune au conseil communal du 27 avril 2021)

Image de Opencliparts-vectors sur Pixabay.

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