Mardi, lors du Conseil Communal, nous avons voté l’adhésion de Ville de Wavre à la convention des maires pour l’Énergie et le Climat. Cette signature engage la ville à réduire ses émissions de CO2 de 40 % sur le territoire communal d’ici 2030. Cette décision est à l’initiative de notre conseiller Bastian Petter qui l’avait glissée dans l’oreille de la majorité en décembre dernier. C’est une bonne nouvelle pour le climat.

 

Cette signature de la Ville de Wavre à la convention des maires, c’est un peu ma vitamine C du matin, du miel dans mon café, une cerise sur ma tartine de confiture.

Parce que pour nous, écologistes, qui sommes conscients de l’enjeu climatique depuis longtemps, voir le monde foncer chaque jour un peu plus droit dans le mur, ce n’est pas toujours une sinécure.

En ce qui me concerne, je m’en rappelle comme si c’était hier. Ça s’est passé en Août 2003, il y a maintenant 16 ans. J’avais 25 ans, et j’écoutais Olivier Deleuze, qui nous parlait des accords de Kyoto. J’ai vu cette double courbe qui nous montre le parallèle entre l’augmentation du CO2, produit par l’activité humaine, et la température moyenne du globe. Ce sont des courbes jumelles, qui amorcent leur augmentation à la révolution industrielle, et qui ont une allure exponentielle. Et une exponentielle, en mathématique, ce n’est pas n’importe quelle courbe : c’est une courbe qui nous montre « que ça s’emballe progressivement, et que ça va aller de plus en plus vite ».

Et quand on y réfléchit, on réalise assez vite que freiner un courant historique qui porte le monde depuis bientôt 200 ans… ça ne va pas se faire en un jour, et qu’il faudra du temps, et de l’énergie. Et que nous devrons être beaucoup, beaucoup, pour porter ce changement.

Savez-vous qu’un pétrolier doit commencer à freiner 15km avant de pouvoir s’arrêter ? La métaphore est assez éclairante, je trouve. Parce que le monde résiste au changement, croyez-moi. Et on a même mis un nom sur cette maladie des écologistes qui s’épuisent face à l’immobilisme de nos systèmes économiques et politiques, et développent insomnies, angoisses, et dépressions. Ça s’appelle la « solastalgie ». C’est un joli nom. Mais pour tout ceux qui sont profondément conscients que nous n’avons pas de « planète B », et que nous sommes en train de bousiller cette « planète A » indispensable à notre propre survie, c’est parfois l’enfer.

Alors avec cette signature, non seulement nous commençons à nous donner les moyens de faire avancer le paquebot communal dans la bonne direction, mais nous contribuons aussi à guérir la solastalgie d’un nombre croissant de citoyens, dont 25 % de Wavriens, qui vivent les yeux ouverts depuis de plusieurs années, regardent en face la dure réalité de la planète, et ont commencé à agir dans leur quotidien, à leur échelle, qu’ils savent pourtant insuffisante.

Comme quoi, le fait que votre liste ait perdu 15 % aux dernières élections communales, c’était plutôt un électrochoc salutaire. Les électeurs vous ont, d’une manière démocratiquement irréprochable, forcé à ouvrir vos oreilles. Et c’est une bonne chose pour nous tous.

Aujourd’hui, en signant la convention des maires, la commune de Wavre reconnaît solennellement que « le changement climatique est déjà à l’œuvre et constitue l’un des plus grands défis mondiaux de notre temps ». Elle s’engage à réduire ses émissions de CO2 de 40 % sur le territoire communal d’ici 2030. Et je souligne « sur le territoire ». Ça veut dire « pas uniquement sur les bâtiments communaux ». Non : ça veut dire « sur le territoire ». Ça veut dire aussi les émissions des habitations des Wavriens, les émissions des commerces, des entreprises et des industries. Ça veut dire aussi les émissions dues au transport, c’est-à-dire principalement, dues à la voiture individuelle. C’est à tout cela qu’aujourd’hui, nous nous engageons. Et nous avons 10 ans pour réussir.

Parce que la Planète n’attend pas. Et c’est précisément ce que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est en train, en ce moment-même, de rappeler aux dirigeants du monde au sommet des Nations Unies à New-York. Le climatologue Jean Jouzel l’a affirmé en 2018, lors de la sortie du dernier rapport du GIEC : le changement climatique, cela ne concerne pas les générations futures, cela concerne des générations qui sont déjà nées. Cela concerne nos enfants. Ils nous regardent. Et à Wavre, ils étaient là lors de nos prestations de serment. Ne les trahissons pas.

La température moyenne sur le globe a déjà augmenté d’1°C depuis la révolution industrielle. Pour maintenir le réchauffement en-dessous d’une augmentation de 1,5°C conformément à ce que les états du monde se sont engagés à faire lors des accords de Paris, les nations unies nous disent que TOUS les pays du monde doivent multiplier leurs investissements par 5.

Et vous savez comme moi que le président actuel des États-Unis n’a pas l’air de réaliser ce qui est en train de se passer.

En Europe, Ursula von der Leyen, qui vient de prendre ses fonctions à la tête de la Commission européenne, se donne pour objectif de réduire de 50 à 55 % les émissions européennes. Le Parti Socialiste, le Mouvement Réformateur et Ecolo qui viennent de former ensemble le gouvernement wallon, ont décidé d’unir leurs forces pour le climat, et se donnent pour objectif une réduction de 55 %.

Ici, à Wavre, dans une province en plein développement, le Brabant wallon, qui compte aujourd’hui un peu plus de 400.000 habitants, et qui en comptera 427.000 en 2028 selon les projections de l’IWEPS, nous signons aujourd’hui pour un objectif de 40 %.

Ce ne sera peut-être pas suffisant pour gagner la course au changement climatique. Mais c’est le pas que la majorité politique est prête à faire aujourd’hui. Et à tout le moins il faudra réussir celui-là, avant de pouvoir en faire d’autres.

Alors allons-y, signons. Et mettons-nous au travail. Le temps nous est compté. Et nous n’avons pas droit à l’erreur. Signons, et semons l’espoir d’un monde où l’homme et la nature vivent ensemble, en équilibre.

 

Bastian Petter
Conseiller communal

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